La fin de l’été correspond à la période préférée pour reprendre ou débuter une activité physique. Il est temps de retourner à la salle, de reprendre le jogging, de rappeler le coach… On est rentré de vacances gonflé de motivation, et parfois aussi gonflé de kilos accumulés. La rentrée apparaît comme une petite renaissance, un espace plein de promesses envers soi-même, une opportunité, et « cette fois c’est la bonne, je vais tenir sur la durée ».
Ça rappelle quelque chose, pas vrai?
Et pourtant une part conséquente des néo-sportifs abandonnent en chemin. Pour quelles raisons est-il si difficile de tenir ses résolutions en matière d’activité physique? On sait qu’il faut rester actif toute l’année pour être en bonne santé, on se rappelle des mois de relâchement et d’excès en se jurant que « plus jamais ça », et pourtant, la petite voix ricane pendant qu’on formule ses intentions positives : « Inscris-toi à la salle, nigaud, au bout de six semaines je vais te donner envie de rester devant Netflix. Je te rappellerai que les jours raccourcissent, qu’il reste un paquet de gâteau au fond du placard et que de toute façon, t'as pas vraiment progressé, alors pourquoi s’acharner? »
Désespérant.
Pourtant il y a des moyens de dépasser les blocages de l'ego et ne pas se laisser entraîner au fond du canapé. L'ingrédient essentiel est le plaisir.
Penser à l'activité physique comme à une corvée, un devoir à accomplir régulièrement pour paraître en forme vis-à-vis de l'entourage ou pour courir derrière un idéal de "shape" irréaliste, c'est se tirer une balle dans le pied dès le début de la course. Ainsi, le choix de l'activité doit apporter une forme de joie, de plaisir de la pratique en elle-même. Se dépenser et s'entretenir physiquement, bien sûr, mais le cœur de la décision doit tenir compte de l'envie qu'on aura de prendre son sac de sport et repartir s'entraîner après une journée de travail fatigante ou stressante.
J'en viens évidemment à prêcher pour les arts martiaux et les sports de combat !
Au début, l’esprit de compétition est moteur de motivation efficace. Mais passé un certain âge (25 ans environ) le goût de la compétition s’amenuise, et on constate alors les abandons de pratique. Il faut alors définir des objectifs de progression personnelle à moyen et long terme (techniquement et physiquement) et ainsi stimuler l’envie de progresser avec ses partenaires d’entraînement.
Les partenaires, justement, sont l'autre facette à prendre en compte sérieusement. Si on choisit une pratique attirante et intéressante, mais que l'environnement est malsain, sera-t-on enclin à persévérer une fois les premiers mois passés?
Je pense que le plaisir de la pratique réside dans le partage. Les personnes qui se tiennent à nos côtés pendant une séance épuisante participent de l'énergie positive qu'on ressent à la fin de l'entraînement. Dans les arts de combat c'est encore plus prégnant : affronter un partenaire, face à face, éveille des instincts profonds, noue des liens particuliers. On voit souvent les combattants de haut niveau, en boxe anglaise, en MMA ou en kickboxing se prendre affectueusement dans les bras après un quart d'heure à se cogner de toutes leurs forces! A un niveau moindre, la pratique du combat à une certaine intensité provoque la même sensation d'avoir partagé un moment spécial dont on se souviendra longtemps, même pour un banal entraînement.
Comment garder la motivation, donc ? Prendre le temps de choisir une discipline adaptée à ses goûts et tenter de trouver un environnement agréable, stimulant et épanouissant grâce à des partenaires dans le même état d'esprit.
Et le professeur dans tout ça ? Il a évidemment un rôle central dans ce processus, mais ce sera pour un prochain article...
“Ce n'est pas la destination mais la route qui compte.”
proverbe gitan